Le guide pour faire son compost maison

Saviez-vous que 40% des ordures ménagères sont des déchets organiques qui pourraient être recyclés comme engrais naturels dans le jardin ? Pourtant ils sont jetés à la poubelle et souvent incinérés, alors qu’ils sont composés à 80% d’eau.

Alors on se lance dans le compost (pas littéralement) ! C’est bon pour l’environnement, pour notre portefeuille et pour nos plantes, et puis les vers de terre sont des voisins très respectueux. On vous explique tout sur la fabrication et l’utilisation de votre compost.

Pourquoi faire un compost ?

Un engrais naturel et biologique

Le compostage est un processus de transformation des résidus organiques en présence d’eau et d’oxygène par le biais de vers, de micro-organismes (bactéries, levures, champignons microscopiques) et d’insectes (larves de mouche, moucherons).

Équilibré et sans teneur excessive en azote, le compost est utilisé pour nourrir et fertiliser le jardin en douceur. Il favorise le développement des plantes et des arbustes, apporte des éléments nutritifs de qualité aux végétaux, entretient l’activité biologique et améliore aussi la qualité du sol. Le compost, c’est donc l’ingrédient indispensable à la formation du l’humus, le pilier de tout jardin naturel et bio !

Le compost : Mode d'emploi !

Un geste écologique et économique

La mise en place du compost n’est qu’une extension du tri sélectif de nos ordures aux déchets organiques. Cela permet de réduire le volume de nos ordures ménagères, le nombre de camions poubelles qui roule et la quantité de déchets finalement incinérés. 

En utilisant un engrais naturel et non polluant, nos plantes évitent les produits chimiques, et nous aussi. Recycler ses déchets végétaux est aussi une source d’économie, car le compost remplace les engrais souvent coûteux.

Pour ceux qui manquent de place chez eux, on peut aussi créer ou rejoindre une initiative de compost partagé. Cela demande un peu d’organisation et un référent pour l’entretien du compost, mais c’est finalement assez facile à mettre en place.

➡️ Découvrir les initiatives de compost partagé partout en France : Je veux mon bac bio & Les activateurs

Comment faire un bon compost ?

On choisit un composteur dans le commerce (de préférence en bois), idéal pour les jardins de ville ; on peut aussi le fabriquer soi-même avec des palettes, mais il faut veiller à ne pas utiliser n’importe quel bois, car certains ont subi des traitements chimiques. On peut aussi faire un compost en tas au fond de son grand jardin, sans limite d’espace, mais dans ce cas il est exposé aux intempéries et aux animaux.

Pour son composteur, on choisit un emplacement à l’ombre ou à mi-ombre, protégé des fortes chaleurs estivales. Un compost bien mené n’est pas censé sentir mauvais, on peut donc l’installer à proximité de la maison, dans un endroit facile et rapide d’accès. L’idée, c’est que le compostage soit pratique !

Pour que les déchets végétaux se décomposent bien, 3 règles d’or à suivre :

  1. On varie les différents déchets (bruns, verts, secs, humides), et on les coupe en petits morceaux pour qu’ils se dégradent plus facilement.
  2. On surveille l’humidité, en particulier pendant les périodes sèches, pour favoriser le processus de dégradation des matières. A l’inverse, si le compost est trop humide, il risque de sentir mauvais.
  3. On aère les matières présentes au dessus du composteur (5 cm environ) à chaque apport de déchets, car les bactéries ont besoin d’oxygène. Cela évite aussi les poches de méthane malodorantes.

    ➡️ Fabriquer son propre composteur 

      Quels déchets mettre dans le compost ?

      Un bon compost, c’est un compost équilibré qui a un bon ratio d’azote et de carbone. Il faut respecter une proportion entre : les déchets équilibrés, ⅓ de déchets bruns et ⅔ de déchets verts. En théorie, aucun déchet biodégradable et non polluant n’est interdit dans le compost, c’est simplement l’équilibre des différents déchets qui compte. 

      Déchets équilibrés

      • Plantes, fleurs, herbes sèches et foin (sans traitement)
      • Marc de café et filtre en papier
      • Fumier avec paille

      Déchets verts, tendres et humides = riches en azote

      • Epluchures de fruits et légumes (si non bio, les laver avant), dont bananes et agrumes
      • Fleurs fanées
      • Tontes de gazon, mauvaises herbes et mousses végétales

      Déchets bruns, durs et secs = riches en carbone

      • Papiers, cartons et tissus cellulosiques (mouchoirs en papier, essuie-tout, papier journal... mais on évite les parties coloriées parfois chargées en métaux lourds)
      • Sachets et feuilles de thé et tisane, sauf si les sachets sont en synthétiques
      • Feuilles mortes coriaces et tanniques
      • Paille et sciure de bois

      On fait attention avec 

      • Coquilles d’œuf : elles se décomposent lentement, donc on évite les trop grandes quantités et on les concasse avant !
      • Arbres forestiers riches en matières résineuses, en petites quantités
      • Restes d’aliments cuits : en petite quantité, au centre du compost et sans sauce
      • Pain et produits à base de pâtes (sans sauce ni beurre) : en quantité réduite, et on les humidifie avant
      • Plantes malades : au centre du compost, car la chaleur évite la prolifération bactérienne
      • Cendres de feu de bois
      • Terre et sable : en très petites quantités

      On évite

      • Produits d’origine animale
      • Huiles et graisses alimentaires
      • Cendre de charbon de bois (barbecue)
      • Bois de menuiseries et bois traité
      • Poussières d’aspirateur
      • Matières synthétiques
      • Journaux avec couleurs (images, titres)
      • Litières de chat en argile
      • Chiffons et textiles
      • Excréments de chiens et chats

      Compost partagé collectif

      Comment utiliser son compost ?

      Un compost mûr doit avoir un aspect homogène, une couleur sombre, une texture fine et friable, et une odeur de terre. On peut l’utiliser dès la fin de l’hiver avant les premières plantations, au printemps à la reprise de la végétation et tout au long de l’année pour les plantes d’intérieur. 

      Dans un compost mûr, on n’arrive pas à identifier les déchets de départ, sauf les plus difficiles à se dégrader comme les coquilles d’œuf ou les morceaux de bois. On peut tester son compost en semant des graines de cresson dans des petits pots de compost ; ils germeront dans un compost bien mûr.

      Mais à maturité ou non, le compost est utilisable à différentes étapes :

      • Avant maturité (6 à 8 mois) : on peut l’utiliser sur des cultures déjà avancées, au pied des arbres, en couverture des sols à l’automne. Il protège ainsi la terre du soleil, de la pluie et du vent, et limite la prolifération des mauvaises herbes.
      • A maturité (10 à 12 mois) : il s’utilise pour le potager (sur 5 à 15 cm au sol au moment des semis ou repiquage), dans le jardin superficiellement sur le gazon ou dans le trou des plantations, dans les jardinières et plantes d’intérieur (en mélangeant le compost à la terre) ou pour améliorer les sols (tous les 3 à 5 ans). 

        ➡️ Plus d’information sur le guide pratique du compost de l'ADEME

        Et pour faire du compost en appartement : le lombricompostage

        Késako ? C’est la digestion des déchets organiques par nos amis les vers dans un lombricomposteur. A la différence du compostage, le lombricompostage est un processus à froid qui n’entraîne pas de montée de température. On récupère ensuite le jus de compost qui servira d’engrais liquide.

        C’est donc adapté aux personnes qui souhaitent faire un compost d’appartement, qu’ils peuvent placer dans la cuisine ou sur le balcon.Tout comme le compost, il existe aussi des lombricomposteurs partagés, idéal pour pour les petits collectifs (20-30 foyers).  

        Le lombricompostage peut être pratiqué toute l’année et est trois fois plus rapide (deux à trois mois) qu’un compostage normal, et a l’avantage de ne pas être trop odorant. Les lombrics suppriment l’odeur de décomposition des déchets en les digérant. Ils apportent aussi l’oxygène nécessaire à l’aération du lombricompost et évitent le développement de nouvelles bactéries qui sentent mauvais !

        ➡️ Pour plus d’informations, vous pouvez consulter les sites suivants : Plus 2 vers, Vers la terre & Energies Nouvelles

        Guide Compost Maison