Comment fonctionne Yuka, l’appli qui scanne votre alimentation ?

Qui n’a jamais froncé les sourcils à la lecture de la liste d’ingrédients sur un emballage de produit alimentaire ? Qui ne s’est jamais demandé quelles étaient ces dénominations bizarres, les E451, exhausteurs de goût ou autres agents de textures ? Je peux vous assurer que ma grand mère ne s’exclamait pas, lorsqu’elle finissait sa fameuse sauce tomate, “plus qu’une pincée d’antioxydant E336 et d’édulcorant E953 et ce sera prêt les enfants !”.

Merci donc à l’application Yuka qui analyse les ingrédients des produits alimentaires et en identifie les plus sains. Dans cet article, nous allons vous expliquer pourquoi il est primordial de s’intéresser à ce que nous mettons dans nos assiettes et comment Yuka s’y prend pour nous aider à choisir les meilleurs produits.

Des produits alimentaires plus ou moins bons pour la santé

Il est loin le temps où la plupart des produits que nous consommions étaient artisanaux, fabriqués selon la même recette perfectionnée par des générations de cordons bleus. Depuis quelques décennies, les produits alimentaires qui peuplent les rayons de nos magasin se sont quelques peu transformés. Ou disons qu’ils ont été de plus en plus transformés.

Pour faciliter la production industrielle de ces denrées, prolonger leur durée de vie ou simplement les rendres plus appétissants et addictifs, les fabricants ont peu à peu modifié les recettes. Ils ont ajouté de plus en plus de sel, qui augmente les saveurs. De graisses et de sucres, qui déclenchent le circuit du plaisir dans notre cerveau. Et ajouté des additifs synthétiques qui portent des noms peu rassurants tels que E256 ou E460.

Rayon supermarché

Malheureusement, beaucoup d’additifs alimentaires sont aujourd’hui suspectés d’être dangereux pour la santé. A tel point que sur les plus de 600 additifs alimentaires autorisés en France, seulement 50 sont autorisés dans les produits bio, et encore avec des conditions d’utilisation beaucoup plus restrictives que dans le conventionnel.

Et la consommation excessive de graisses, de sucres et de sel est responsable d’une épidémie mondiale d’obésité et de maladies chroniques. Une étude française a par exemple prouvé qu’une augmentation de 10% de la consommation de produits très transformés, qui contiennent donc beaucoup de graisses, sucres et sels ajoutés, a donné lieu à une augmentation du risque de cancer de 10%.

Il était donc grand temps qu’une application telle que Yuka nous aide à éliminer de notre alimentation les produits les moins sains et à favoriser les meilleurs.

L’application Yuka évalue la qualité des produits alimentaires

De plus en plus de gens font attention à ce qu’ils mangent pour des raisons évidentes de santé. N’oublions pas que l’alimentation est le premier des médicaments !

L’application Yuka a justement été créée par Julie Chapon et deux amis, François Martin et son frère Benoit Martin, dans le souci d’aider les gens à consommer des produits plus sains.

Fondateurs application Yuka

Les emballages alimentaires sont censés contenir les informations nécessaires pour faire les bons choix, mais qu’il est difficile de s’y retrouver ! Non seulement beaucoup d’additifs sont nommés par des codes chiffrés ou des dénominations barbares, mais les informations nutritionnelles sont complexes. Qui connait la quantité de sucres, de sel ou de graisse qu’il convient d’absorber en une journée ?

D’autant plus que les informations qui sont mises en avant sur les emballages sont parfois trompeuses et peuvent prêter à confusion. Telle marque va mettre en avant un “30% de sucres en moins”, alors que celui-ci est simplement remplacé par un édulcorant aux effets tout aussi voire plus néfastes sur la santé.

Avec des étiquettes indéchiffrables et du marketing trompeur, le consommateur est perdu. Il ne sait plus à quel saint se vouer, et c’est justement pour cette raison que Yuka a été créé. Mais comment fonctionne donc cette application ? On vous explique.

Comment Yuka parvient à calculer son score et évaluer les produits les plus sains ?

Rappelons tout d’abord que l’application Yuka est indépendante et ne fait pas de partenariats avec des marques, des fabricants ou des distributeurs. Leur modèle économique est basé sur les dons des utilisateurs, la vente d’un programme de nutrition et surtout la mise en place de fonctionnalités payantes dans l’application.

Le score Yuka va de 0 à 100 et divise les aliments en 4 catégories. Les aliments “Mauvais” pour les scores de 1 à 24, les aliments “Médiocres” pour les score de 25 à 49, les aliments “Bons” pour les scores de 50 à 74, les aliments “Excellents” pour les aliments de 75 à 100.

Notations application Yuka

Pour calculer ce score, Yuka s'appuie sur 3 critères distincts dont voici le détail :

1. Les qualités nutritionnelles du produit

Objectif : Classer les aliments du plus mauvais au meilleur pour la santé via l’analyse de leur composition nutritionnelle.

Principe : La méthodologie de Yuka consiste à attribuer un score global à l’aliment en fonction de la proportion de nutriments qu’il faudrait favoriser (considérés comme bons pour la santé) et de nutriments à éviter (considérés comme mauvais pour la santé). Les bons aliments ajoutent des points au score tandis que les mauvais en enlèvent.

Nutriments à favoriser : fibres, protéines, fruits, légumes

Nutriments à éviter : énergie, acides gras saturés, sucres, sodium (sel)

Ainsi plus le mélange de nutriments est considéré comme bon pour la santé, meilleur sera le score donné par Yuka.

Pondération dans l’algorithme Yuka : 60%

Sources : Les données sont tirées des informations nutritionnelles indiquées sur l’étiquette des produits. Yuka entretient sa propre base de données pour s'assurer de la fiabilité de ces informations. Les informations nutritionnelles originelles viennent d'Open Food Facts, une base de données open source de plus de 360.000 produits.

Validité scientifique : La méthode de calcul est la même que celle utilisée pour obtenir le NutriScore, l’étiquetage nutritionnel et son code à 5 couleurs mis en place par le Ministère de la Santé (et également présent dans la base de donnée Open Food Facts).

Nutriscore utilisé dans l'application Yuka

Cette méthodologie a originellement été développé par des scientifiques d’Oxford en 2005 et validée par la Food Standards Agency du Royaume-Uni. Elle a ensuite été adaptée en France en s’appuyant sur les travaux de l’équipe du docteur Serge Hercberg (Université Paris 13) et les expertises de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) ainsi que celles du Haut Conseil de Santé Publique.

Pour davantage d’informations sur la question, vous pouvez consulter le rapport de l’Anses à ce sujet ou encore celui du docteur Serge Hercberg.

  • 2. La présence d’additifs alimentaires 

  • Objectif : Éviter les aliments qui contiennent des additifs dangereux pour la santé ou suspectés de l’être

    Principe : Yuka se base sur différentes sources pour classer les additifs alimentaires selon leur degré de nocivité en 4 catégories : sans impact (pastille verte), douteux (pastille jaune), à éviter (pastille orange), nocif (pastille rouge).

    Plus un aliment contient d’additifs, et plus ces additifs sont considérés comme dangereux (selon la hiérarchie : sans impact<douteux<à éviter<nocif), plus le score Yuka se verra abaissé).

    Pondération dans l’algorithme de Yuka : 30%

    Sources : les ouvrages "Additifs alimentaires" de Corinne Gouget, "Les additifs alimentaires" de Marie-Laure André ainsi que différentes études de l'UFC que choisir.

    Validité scientifique : La liste des additifs alimentaires suspectés d’être dangereux pour la santé s’allonge au fil des études. Cependant isoler l’impact de la consommation de tel ou tel additif sur des maladies chroniques qui mettent des années à se développer est extrêmement complexe.

    Certains scientifiques se veulent ainsi alarmistes, d’autres moins. Appliquer le principe de précaution dans ce type de situation est une approche saine. Nous préconisons donc, à l’instar de Yuka, d’éviter les additifs, en particulier synthétiques, dont l'innocuité n’a pas été démontrée.

    3. La certification agriculture biologique

    Logo certification biologique utilisée dans application Yuka

    Objectif : Donner un avantage aux produits issus de l’agriculture biologiques par rapport aux produits issus de l’agriculture conventionnelle

    Principe : Si un produit possède le label AB ou Eurofeuille (labellisation biologique de l’Union Européenne), il verra son score augmenter de 10 points.

    Pondération dans l’algorithme de Yuka : 10%

    Source : La base de données Open Food Facts indique si les produits disposent du label AB ou Eurofeuille.

    Validité scientifique : bien que le seuil de 10 points accordé aux produits biologiques soit totalement arbitraire, il est compréhensible que de tels produits disposent d’un bonus. La méthode de production des matières premières utilisés est primordiale et la consommation de produits biologiques peut en effet avoir des effets positifs sur la santé.

    Premièrement, les produits biologiques ne contiennent pas de produits phytosanitaires synthétiques. L’exposition à ces produits est très fortement corrélée à des maladies ou troubles graves tels que les cancers, la baisse de fertilité, les malformations congénitales, les leucémies ou encodes des maladies neurologiques comme Alzheimer ou Parkinson.

    La dangerosité du Glyphosate, l’herbicide le plus utilisé dans le monde, a d’ailleurs récemment été validée par la justice américaine lors du procès du jardinier américain Dewayne Johnson contre Monsanto.

    Pour le consommateur, les études manquent mais nous savons par exemple que 90% de la population française est imprégnée de pesticides qui sont des perturbateurs endocriniens. Or le risque des perturbateurs endocriniens ne dépend pas de la dose mais de la période à laquelle on y est exposé. Il faut être particulièrement vigilant en période grossesse et durant l’enfance et l’adolescence.

    Ensuite, les produits biologiques contiennent davantage de nutriments et moins de métaux lourds que les produits conventionnels. On compte ainsi de 20 à 68% d’antioxydants en plus dans les produits bio. Des études épidémiologiques ont clairement montré le bénéfice santé d'une consommation accrue de ces micronutriments aux effets antioxydants sur la réduction des risques de maladies chroniques, notamment des maladies cardiovasculaires, neurodégénératives et certains cancers.

    Quelles sont les fonctionnalités de l’application Yuka les plus intéressantes ?

    1. Le score Yuka prend en compte plusieurs aspects liés à la santé

    En effet, le NutriScore que nous avons évoqué plus haut, s’inscrit dans la même logique d’aider les consommateurs à consommer davantage de produits sains. Toutefois il s’arrête à l’analyse de la composition nutritionnelle, alors que Yuka intègre la dimension “additifs alimentaires”, qui permet d’analyser également le niveau de transformation d’un produit, et la méthode de production des matières premières (biologique ou conventionnelle).

    Ainsi le score Yuka s’inscrit dans une approche plus globale qui, même si elle n’est pas parfaite, est la meilleure dont nous disposons aujourd’hui.

    2. La comparaison des produits entre eux

    Le fait de pouvoir placer l’intégralité des produits sur une échelle permet de les comparer facilement entre eux. Et non plus seulement entre différentes catégories de produits. Tout le monde sait que les épinards et les brocolis sont bien meilleurs pour la santé que des chips ou les pizzas surgelées.

    Tout l’intérêt réside dans la possibilité de comparer des produits au sein d’une même catégorie. Ainsi on se rendra compte qu’un paquet de chips de maïs (tortilla) est mieux noté que celui de pommes de terre traditionnel qui est encore mieux noté que le paquet de chips de pommes de terre saveur fromage.

    3. La proposition d’alternatives

    Recommandation produits application Yuka

    Enfin, l’application propose des alternatives plus saines pour un produit similaire. Si vous adorez la pâte à tartiner mais que vous savez que le Nutella contient des quantités astronomiques de graisses et de sucres, vous pouvez scanner votre pot de Nutella pour avoir une proposition d’une pâte à tartiner concurrente faite avec une recette différente et qui dispose donc d’un meilleur mix de nutriments pour la santé.

    Les limites de l’application Yuka

    L’application Yuka ne prend pas en compte les prix. Ainsi, les alternatives proposées sont souvent plus onéreuses que les produits de base. Il est clair que pour avoir de la qualité il faut parfois y mettre le prix, mais ce n’est pas toujours à la portée de tout le monde.

    Ensuite, soyons honnêtes, l’utilisation du scan en magasin ou chez soi est quelque peu fastidieuse. Au début, on est tout excité de découvrir le score des produits que l’on a l’habitude de consommer, puis on se lasse un peu de se balader avec son smartphone à la main dans les allées des magasins. Et une fois qu’on sait quels produits favoriser pour sa liste de courses, on n’a plus trop intérêt à utiliser l’application.

    Avec ces deux limites en tête, à La Fourche nous avons voulu proposer une approche alternative à la grande distribution. En offrant aux Français de meilleurs produits pour leur santé et celle de la planète à un prix abordable, nous voulons faire en sorte que des marques engagées socialement et écologiquement soient mises en avant. Et privilégiant l’honnêteté, nous avons décidé d’afficher le score Yuka sur l’intégralité des fiches de produits alimentaires sur La Fourche.

    Score Yuka sur produits La Fourche

    La Fourche est ainsi le premier distributeur bio français à afficher une transparence totale sur les produits qu’il distribue et à encourager ses clients à choisir les alternatives les plus saines. Nous souhaitons sincèrement, tout comme Yuka, que les consommateurs soient le mieux informé possible.

    Surtout, nous essayons de sélectionner les meilleurs producteurs et marques bio. Ceux qui s’engagent pour notre santé et la protection de l’environnement.

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