Comment passer des vacances éthiques et responsables ?

Avec 1,4 milliard de touristes dans le monde en 2018, le tourisme est un secteur qui génèrent des externalités négatives sur l'environnement : utilisation excessive des ressources naturelles, mise en péril de la biodiversité... C’est aussi l’une des activités les plus polluantes, lorsqu’on cumule le transport, l’hébergement, la nourriture, les déchets etc. On vous donne quelques conseils pour passer des vacances éthiques et responsables.

On réfléchit à une destination écoresponsable

Les voyages forment la jeunesse, disait Montaigne. Mais au sens du philosophe, il s'agit plus d'un état d'esprit, prêt à s'ouvrir et à rencontrer d'autres cultures, qu'un simple voyage à l'étranger. L'imaginaire collectif a longtemps associé le mythe du grand voyageur à des destinations lointaines et exotiques. Pourtant, de plus en plus de passionnés se tournent vers le slow tourisme.

Vivre de belles expériences près de chez soi

Inutile de faire des kilomètres pour vivre des expériences enrichissantes ! La communauté Chilowé sélectionne de belles microaventures à faire partout dans l'hexagone : aller chercher du Brie de Meaux à vélo, descendre l'Allier en canoë ou encore, traverser les Cévennes en âne. L'avantage ? C'est peu coûteux et ça fait moins de mal à la planète !

Une autre option économique est le Wwoofing. Le principe ? Les volontaires s'initient aux savoir-faire et aux modes de vie biologique, en prêtant main-forte à des agriculteurs ou à des particuliers qui leur offrent le gîte et le couvert. Il suffit d'adhérer à l'association pour 25€/an et vous avez accès aux fermes disponibles partout en France.

Pendant deux à quatre semaines en moyenne, les Woofers sont mis à contribution pour ramasser des fruits, s'occuper des moutons ou encore construire des bâtiments. En échange, ils bénéficient d'un cadre naturel, mangent bio et local, et partagent le quotidien de passionnés loin des villes.
 

Déchiffrer le tourisme vert

Tourisme durable, tourisme solidaire, tourisme responsable... Difficile de s'y retrouver parmi la nébuleuse offre touristique "green" ! Voyageons Autrement est un portail d'informations sur l'écotourisme au sens large, une forme de voyage responsable dans les espaces naturels qui contribue à la protection de l'environnement et au bien-être des populations locales.

Le site met en avant les acteurs engagés partout dans le monde, proposant des voyages "différents", en ce qu'ils limitent les impacts sur les sites et l'environnement, et respectent les hôtes et les voyageurs. 

Pour échanger avec d'autres voyageurs, Echoway est un espace de rencontre entre les passionnés et les communautés locales. L'association informe et sensibilise les voyageurs sur les lieux d’accueil du tourisme responsable, et développe des solutions pour limiter l'impact négatif du tourisme sur les populations locales.

On limite l'empreinte carbone du trajet

Alors que Haut Conseil pour le climat vient d'épingler la France pour ne pas agir contre le réchauffement climatique, en partie à cause des transports (31% des émissions de gaz à effet de serre), de plus en plus de personnes renoncent à prendre l'avion pour limiter l'impact carbone de leur trajet.

Prendre conscience de l'impact carbone de l'avion

Alors qu'un aller-retour Paris Bali émettrait autant de carbone qu'une année de vie en France, une prise de conscience générale pousse certains au Flygskam, la honte de prendre l'avion, une notion initiée par les suédois.

L'avion est responsable de 3% des émissions totales de gaz à effet de serre, un chiffre qui peut paraître assez faible. Sauf qu'avec une croissance du trafic en hausse de 3,5 % par an, l’Association du transport aérien international (IATA) prévoit que le trafic aérien pourrait atteindre 20% des émissions totales en 2050 !

Et c'est sans compter les autres conséquences qu'on a du mal à évaluer ! En effet, les émissions de CO2 ne représentent qu'une partie de l'impact climatique de l'aviation, d'autres gaz à effet de serre (oxyde d’azote par exemple) ont un effet significatif. 

Quelques conseils pour les vols long-courrier :

  • Pensez aussi à voyager léger ! Si les quatre milliards de passagers annuels allégeaient de 100g avant d’embarquer, 50 000 tonnes de carburant seraient économisées chaque année… Soit 1 000 vols Paris Bombay !
  • Privilégiez certaines compagnies écoresponsables : Tui Airways, Air Canada, KLM, Avianca, Xiamen Airlines et LATAM Brasil. Selon le classement 2018, elles émettent moins de gaz à effet de serre, en partie grâce à des flottes récentes et modernes. 
  • Evitez les vols avec escales, car la consommation de kérosène est accentuée lors des décollages et atterrissages. 
Impact passer CO2 Paris Lyon
Comparaison entre les différents transports. Chiffres ADEME.
>> Calculez l'émission de CO2 de votre trajet en avion !

Privilégier le train quand c'est possible

Des lignes européennes sur des distances moyennes devraient être rayées de la carte, comme Bruxelles Amsterdam (200km), faisables avec le train. La France est encore frileuse sur le sujet, alors que 13,8 millions de vols seraient remplaçables par moins de 5 heures de train, qui est 160 fois moins polluant par heure que l'avion. 

Avec une émission de 13 à 43g CO2/km, le train est le transport le plus écologique. Le plus grand inconvénient, c'est le prix. La révolution du yield management (optimisation du chiffre d’affaires à travers une tarification flexible) est lente pour le train ; à moins d'acheter ses billets à l'avance, les TGV restent chers.

Pour partir en vacances, il reste encore l'option bus ou la voiture, qui polluent beaucoup aussi. Un kilomètre en avion équivaut à un kilomètre seul en voiture, mais si on calcule les émissions de CO2 par heure de transport, une heure en avion est 13 fois plus polluante qu’une heure en voiture. Il est donc préférable de prendre la voiture, sachant que vous pouvez être jusqu'à 5 dedans et/ou faire du covoiturage. 

On choisit un hébergement écologique

Du camping à l'hôtel de luxe, de plus en plus d'établissements touristiques cherchent à réduire leur empreinte carbone en analysant les différents postes qui consomment de l'énergie et ont un impact sur l'environnement : chauffage, éclairage, produits d'entretien, déchets, gaspillage alimentaire.

Maison enterrée, yourte, roulotte, cabane de trappeur, tente berbère... des expériences qui incluent des infrastructures écologiques (bâtiments éco-conçus, toilettes sèches, énergie verte, potager bio, tri sélectif, éclairage LED etc.).

 Pour vous y retrouver, différents labels existent : 

  • Clef verte : label attribué en France aux établissements respectueux de l’environnement et des ressources naturelles, qui s’engagent dans une démarche environnementale performante.
  • Ecolabel européen : seul label écologique européen, délivré et certifié par l'Afnor. Il est commun à l’ensemble des pays de l'Union Européenne ; 67 critères garantissent la réduction des impacts environnementaux sur l'organisation, les énergies renouvelables, le gestion de l’eau et des déchets…  
  • ATR : label destiné aux opérateurs de voyage qui souhaitent faire connaître leur engagement pour le tourisme responsable. 
  • ATES (Garantie tourisme équitable et solidaire) : charte qui assure un voyage plus respectueux des hommes et des cultures, auxquels ont adhéré une quinzaine de voyagistes.
  • Gites panda : hébergements gîtes de France situés dans un parc naturel régional, auxquels le WWF a accordé son label selon ses conditions
  • VVE : association qui regroupe des voyagistes et des adhérents autour du tourisme solidaire et tourné vers l'écologie.
Enfin, c'est pas parce que vous êtes en vacances que vous devez oublier tous vos bons réflexes écolo ! Ne jetez pas vos déchets n'importe où, faites le tri, évitez le plastique (bouteilles, couverts et gobelets, sacs...) et le suremballage, consommez local et utilisez une crème solaire naturelle biodégradable ❤️

    Bonnes vacances !

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