Tout savoir sur l’impact carbone de la livraison

L’impact carbone de la livraison de produits secs est quatre fois moins élevé que l’achat en magasin. La livraison à domicile ou en point relais est donc bien une alternative à envisager pour réduire son empreinte carbone individuelle. Si l’idée peut sembler contre-intuitive au premier abord, se faire livrer génère bel et bien moins de CO2 que de se déplacer en magasin.

Quel est l’impact environnemental de l’achat en magasin ? Quels facteurs influent sur l’impact carbone de la livraison à domicile ou en point relais ? Quelle est l’option la moins polluante entre achat en magasin physique et en e-commerce en fonction de mes achats ? Suivez notre guide pour tout connaître sur le coût environnemental de vos achats.

 

colis sur une palette


1. La pollution CO2 générée par l'achat en magasin est sous-estimée

1.1- La distance parcourue par les marchandises

On peut penser, à tort, qu’en se faisant livrer ses courses à domicile ou en point relais, on pollue plus que lorsque l’on se rend en magasin. L’un des premiers paramètres à regarder est la distance parcourue par les marchandises.

La pollution liée à l’achat en magasin est sous-estimée. Pourquoi ? Parce que le magasin se fait aussi livrer des marchandises ! 

Dans un premier temps, que ce soit en e-commerce ou en circuit classique, les marchandises sont transportées de chez le producteur jusqu’à un entrepôt. 

Pour le e-commerce, cet entrepôt est celui dans lequel seront préparés les colis. Ils seront ensuite envoyés partout en France dans des relais colis ou des bureaux de poste où un camion passera ensuite les prendre pour faire sa tournée. 

Pour le circuit physique, l’entrepôt est une centrale d’achat souvent unique en France qui répartit ensuite les marchandises entre tous les magasins. Ces derniers passent par des centrales d’achat pour obtenir de meilleures conditions d'achat et des possibilités de stockage importantes. 

Le magasin fonctionne donc en quelque sorte comme un bureau de poste ou un relais colis (pour la livraison à domicile ou le retrait en point relais) et l’entrepôt e-commerce est l’équivalent d’une centrale d’achat. La distance moyenne parcourue par les marchandises est ainsi la même dans les deux systèmes de distribution. La différence se fait sur les derniers kilomètres car l’impact carbone des marchandises ne sera pas le même selon si les consommateurs se déplacent en magasin ou en point relais ou si c’est un camion qui fait une tournée de livraison à domicile.

Le e-commerce se différencie donc sur la logistique lors du “dernier kilomètre”, le plus coûteux en terme d’énergie et de temps, en optimisant le parcours des clients.

1.2- Le transport des marchandises jusqu’au domicile du consommateur

On pourrait croire que le coût environnemental de la livraison est plus élevé car elle se fait principalement en camion et que les colis parcourent parfois de nombreux kilomètres pour arriver à domicile. En réalité, le fait que beaucoup de consommateurs  prennent leur voiture pour se rendre dans un magasin est une source majeure de pollution carbone.

Prenons l’exemple des courses alimentaires. Imaginez qu’environ 50% des consommateurs viennent au magasin en voiture, cela fait 50 voitures pour aller chercher les courses de 100 personnes. La multiplication de ces trajets engendre un rejet important de CO2 dans l’atmosphère. 

Dans le cas de la livraison à domicile, un camion de livraison peut livrer 100 colis en une tournée. Cela fait 1 camion pour 100 personnes livrées. Le camion roule plus longtemps car livrer 100 personnes demande de parcourir plus de distance que d’aller en magasin mais les trajets logistiques sont optimisés. Le système de livraison permet donc de diminuer les multiples déplacements en voiture individuelle lors de l’achat en magasin.

Dans le cas de la livraison en point relais, le camion dépose plusieurs colis au même endroit. Il y a donc moins d’arrêts sur son trajet qui est encore plus optimisé que lors de la livraison à domicile.

Par ailleurs, lors d’une livraison en point relais :

  • la distance entre le domicile du consommateur et le point relais est souvent moins élevée que lors d’un achat en magasin
  • la part d’utilisation de la voiture est moindre que pour l’achat en magasin
  • la part des déplacements réalisés à pied est plus élevée dans le modèle e-commerce selon cette étude

Les experts de l’Ademe expliquent dans cet article que le coût écologique de la livraison à domicile ou en point relais est 3 à 5 fois moins élevé par kilomètre parcouru que l’achat en magasin. En effet, si le véhicule de livraison consomme 2 à 3 fois plus qu’un véhicule particulier, il transporte environ 10 fois plus de marchandises. A noter également qu’avec la multiplication de voitures SUV, les véhicules particuliers ont tendance à polluer davantage.

1.3- La pollution générée par un magasin : chauffage, électricité et construction

En plus de la distance parcourue par les marchandises et des trajets multiples effectués par les clients lors d’un achat en magasin, il existe aussi un poste de pollution non négligeable mais pourtant souvent sous-estimé : l’énergie consommée à l’intérieur du magasin pour le faire fonctionner.

 

frigo en magasins

 

En effet, il faut prendre en compte les postes énergétiques suivants pour évaluer l’impact carbone de l’achat en magasin :

  • le chauffage
  • l’éclairage
  • la climatisation
  • la réfrigération des rayons frais

Aussi, des magasins sont construits partout en France. Fin 2018, on comptait 1770 magasins bio avec une croissance de 22% entre 2017 et 2018. Pour la vente en ligne en revanche, un entrepôt central unique suffit. Le recours aux points relais comme point de contact avec les clients permet d’utiliser des infrastructures déjà existantes et utilisées. Il n’y a donc pas de coût énergétique supplémentaire.

Ainsi, même si un client se rend en magasin à vélo ou en transport en commun, l'impact global de l'achat en magasin est bien plus mauvais que celui de la livraison, du fait de la prise en compte de tous ces éléments logistiques et énergétiques.

2. Le coût environnemental de la livraison varie en fonction de plusieurs facteurs

2.1- Le taux de retour des colis

Différents éléments influent, du côté e-commerce, sur la pollution liée à l’achat en ligne. Tout d’abord, penchons-nous sur le taux de retour des colis. Il est vrai que lorsque les clients retournent un colis à l’expéditeur, les allers-retours supplémentaires des marchandises alourdissent fortement le bilan carbone de la livraison.

C’est d’autant plus vrai pour la livraison à domicile où les transporteurs e-commerce ont du mal à optimiser la logistique du retour. En effet, le taux d’absence du client lors de la première tentative de livraison est d’environ 15%, ce qui implique des déplacements supplémentaires selon cette étude.

Cependant, cela ne s’applique pas à tous les secteurs. Si cette critique est fondée pour tout ce qui concerne les achats liés à l’habillement ou l’électronique par exemple, elle ne se vérifie pas dans le secteur alimentaire. En effet, dans le premier cas, ces achats ne sont pas de première nécessité et peuvent être impulsifs. Ils sont donc plus sujets à être retournés par le consommateur s’ils ne lui plaisent pas. On compte en moyenne par an 1,6 échanges par l’acheteur, principalement dans le secteur de l’habillement. 

 

retour colis

 

Dans le secteur alimentaire, le taux de retour des produits est nul car ils sont très peu chers et qu’il est difficile de les essayer sans les ouvrir, il n’est donc pas possible de les retourner.

Le taux de retour des colis est donc un paramètre à prendre en compte pour évaluer l’impact carbone de la livraison, mais il faut garder en tête qu’il varie fortement en fonction du secteur impliqué.

2.2- La livraison express ou classique

Un autre facteur important à prendre en compte pour établir le bilan carbone de la livraison est le choix du mode de livraison. Si le client choisit la livraison express, l’impact carbone ne sera pas le même que s’il choisit la livraison classique.

Plus une livraison est express, plus la pollution liée à l’achat en ligne est élevée. Prenons deux exemples :

  • une livraison sous 3 jours en point relais, réalisée en camion ou en train
  • une livraison à domicile en 24h, souvent effectuée par avion en vol intérieur

L’impact carbone de la livraison varie donc selon que le consommateur est plus ou moins impatient. Une livraison dans de courts délais se fera sûrement par un vol aérien, un mode de transport qui émet bien plus de carbone que le camion ou le train. Pour un coût environnemental faible, il faut donc privilégier une livraison classique.

2.3- La livraison en frais ou surgelé vs. classique

Selon les produits alimentaires commandés, l’impact carbone de la livraison ne sera pas le même. La livraison de produits frais, surgelés ou secs n’a pas le même coût environnemental.

Comme vous pouvez l’imaginer, la livraison en frais ou surgelé a un impact environnemental plus élevé car elle implique de respecter la chaîne du froid pour ne pas détériorer les produits. Pour ce faire, de l’énergie est consommée pour le stockage et le transport de ces produits frais et surgelés. En effet, les camions doivent être réfrigérés, ce qui n’est pas le cas pour la livraison de produits secs.

 

camions réfrigérés

 

Il faut également savoir que les systèmes de production de froid comportent des circuits contenant un fluide caloporteur, un liquide qui permet de faire circuler le froid dans un camion réfrigéré par exemple. Ces systèmes ne sont malheureusement pas entièrement hermétiques et présentent des fuites. Selon l’Ademe, les gaz fluorés qui en sont issus sont de puissants gaz à effet de serre. Par ailleurs, ces fuites augmentent dans le temps avec l’usure. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter les chiffres de l’Ademe ici.

2.4-  La livraison en point relais ou à domicile

Pour finir, l’impact carbone de la livraison ne sera pas le même si vous commandez en point relais ou à domicile.

En effet, lors d’une livraison en point relais, le transporteur va déposer plusieurs colis au même endroit et donc minimiser ses déplacements. Par ailleurs, il suit un trajet optimisé entre les différents points relais, ce qui lui permet de réduire son empreinte carbone.

Lors d’une livraison à domicile, l’impact carbone est plus élevé qu’une livraison en point relais car le transporteur dépose les colis un à un chez les clients. Il a donc plus d’arrêts et son trajet sera sûrement plus long. Aussi, il peut arriver que le client soit absent lors de la livraison à domicile. Ce facteur peut donc faire augmenter le coût environnemental de la livraison. 

Pour une livraison à faible impact carbone, il est donc préférable de choisir la livraison en point relais plutôt que celle à domicile si le déplacement au point relais se fait à pied ou en vélo. Le cas échéant, il faut comparer la distance entre le point relais et le domicile et le relais de poste et le domicile pour connaître le plus avantageux.

3. Quand choisir la livraison à domicile plutôt que l'achat en magasin ? 

3.1- Tout dépend de la manière de se déplacer au magasin

Pour ce qui est de choisir entre vous faire livrer à domicile plutôt que réaliser vos achats en magasin, cela va dépendre de plusieurs facteurs, notamment de la manière de vous déplacer. 

Dans les zones rurales ou périurbaines, de nombreuses personnes prennent leur voiture pour se déplacer en magasin. Ces déplacements génèrent des émissions carbones importantes car les personnes concernées habitent souvent à plusieurs kilomètres du magasin où elles veulent se rendre. Dans ces cas-là, la livraison à domicile permet de réduire le coût environnemental de l’achat en limitant l’utilisation de la voiture. Selon une étude menée par des chercheurs britanniques, la livraison devient l’option la plus écologique lorsque le consommateur doit faire plus de 6,7 km pour se rendre au magasin.

 

parking d'un supermarché

 

Aussi, pour les personnes vivant dans les villages isolés, la meilleure option est sûrement la livraison en point relais car : 

  • se faire livrer à domicile demande au transporteur de faire un détour pour une personne
  • se rendre en magasin implique sûrement un trajet en voiture de plusieurs kilomètres
  • le transporteur pourra laisser plusieurs colis au même endroit
  • le trajet entre le domicile et le point relais sera plus court

Il est donc essentiel d’adapter son mode d’achat à sa propre situation pour avoir le meilleur bilan carbone possible.

3.2- Dépend des produits achetés

Si vous hésitez entre la livraison à domicile et l’achat en magasin, le type de produits que vous souhaitez acheter peut faire pencher la balance. Selon que vous souhaitez acheter des produits frais, surgelés ou secs, l’impact carbone de vos achats ne sera pas le même.

Les produits frais peuvent être produits et consommés hyper localement, et c’est évidemment souhaitable. Il existe de nombreux moyens de vous procurer des produits frais localement, parmi lesquels :

  • la vente directe producteur
  • les magasins regroupant les producteurs locaux
  • les AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne)
  • les ruches de La Ruche qui dit Oui !

 

fromages

 

Le transport de produits surgelés ayant un impact carbone particulièrement élevé du fait des installations frigorifiques nécessaires, que vous achetiez en magasin ou que vous choisissiez la livraison à domicile, le coût environnemental sera important. La solution serait peut-être de congeler vous-même vos produits frais de saison afin d’en profiter toute l’année.

Pour les produits secs, leur livraison génère moins de CO2 que leur achat en magasin. En effet, ces produits peuvent difficilement être achetés localement. Les produits secs, les produits d’hygiène ou d’entretien, les produits bébé ou bien les produits de beauté, se consomment davantage dans une logique nationale, car les investissements pour les produire nécessitent un marché national pour être rentabilisés. Il est donc difficile de trouver un magasin de proximité qui va se fournir en café, chocolat, lessive, biscuits, shampoing ou encore en riz à moins de 150 km du magasin. Dans ce cas, mieux vaut privilégier la livraison qui permet de supprimer l’intermédiaire que représente le magasin.

3.3- La Fourche, des produits secs sans retours, un choix écologique

La Fourche fait donc partie de la catégorie e-commerce qui pollue le moins. Pour la grande majorité de nos commandes :

  • nous avons un taux de retour quasi nul
  • 90 % de nos commandes sont livrées en point relais 
  • 5 % seulement des colis sont des livraisons express

Par ailleurs, à La Fourche, nous avons fait le choix de livrer des produits secs uniquement, convaincus que les produits frais peuvent être consommés hyper localement pour justement réduire leur impact carbone.

Pour avoir un impact carbone très faible, nous faisons le choix de privilégier

  • les marques et les producteurs français qui se fournissent localement en matières premières
  • lorsque ce n’est pas possible, nous privilégions les marques et producteurs de pays limitrophes avec la France qui se fournissent localement en matières premières
  • les modes de transport à faible impact, en bannissant l’avion

 

entrepôt

 

Pour résumer, la livraison à domicile ou en point relais a un impact carbone plus faible que l’achat en magasin. Si la pollution générée par l'achat en magasin est sous-estimée, il ne faut pas oublier certains facteurs pour évaluer l’impact carbone de la livraison. A La Fourche, nous avons fait le choix de la livraison de produits secs et bio. Un choix écologique qui permet à nos clients de récupérer du pouvoir d’achat sur des produits pour lesquels la livraison est moins polluante que l’achat en magasin, afin de dépenser davantage en produits frais et locaux grâce aux économies ainsi réalisées et encourager les magasins de proximité. En un mot, commander en ligne, oui, mais à condition de le faire correctement !