L'empreinte carbone des produits alimentaires

En partenariat avec Etiquettable, La Fourche a calculé l’empreinte carbone des produits alimentaires référencés dans son catalogue. C'est une première en France et nous en sommes très fiers !

L’empreinte carbone est indiquée en grammes de CO2 rejeté par 100g de produit (gCO2/100g). 50gCO2/100g signifie que 50g de CO2 ont été rejetés dans l'atmosphère pour produire 100g du produit en question. 

Cette empreinte est complétée par une note carbone allant de A+ à E et indiquant l’impact carbone relatif du produit étudié en fonction des aliments habituellement consommés par les Français. On vous explique comment nous avons calculé tout ça ! 

I) Le calcul de l’empreinte carbone des produits alimentaires

Nous additionnons les émissions de gaz à effet de serre générées par la production, la transformation, le stockage et le transport de chacun des ingrédients présents dans le produit alimentaire étudié. Nous rajoutons ensuite les émissions générées par l’emballage dans lequel est placé le produit fini. 

Les quantités de chaque ingrédients sont estimées en fonction des données disponibles sur l’étiquette et de comparables.

Voici un détail des différents facteurs qui influent sur l'impact carbone d'un produit alimentaire : 

1) L'amont agricole, l'empreinte carbone liée à la production du produit

C'est souvent le plus gros poste d'émission de carbone. Toutes les étapes, de la graine à la sortie du lieu de production, sont prises en comptes. Ces données sont dites de "sortie de ferme" pour les produits alimentaires simples tels que les céréales, les légumes, la viande, le poisson ou le lait. Elles sont dites de "sortie d'usine" pour les produits transformés car il faut y rajouter toutes les étapes de transformation nécessaires à la production de l'aliment. 

Pour faire du beurre par exemple, il faut écrémer le lait, le pasteuriser, le faire maturer, le baratter, le laver et le malaxer. Toutes ces étapes consomment de l’énergie et génèrent donc des gaz à effet de serre, qu’il faut prendre en compte dans le calcul.

2) Le transport

Les émissions de gaz à effet de serre liées au mode de transport utilisé (camion classique, camion réfrigéré, bateau, avion) et à la distance parcourue pour chacun des ingrédients. 

3) Le stockage

Les émissions de gaz à effet de serre liées aux différents modes de stockage (sec, réfrigéré, surgelé) et à la durée de stockage moyenne des ingrédients composants le produit.

4) L'emballage

Les émissions de gaz à effet de serre liées à la production de l’emballage dans lequel est placé le produit fini. Le poids de l’emballage et sa nature sont pris en compte. Nous parlons bien du packaging du produit et non des cartons que nous utilisons pour envoyer ces produits à nos chers adhérents, ce qui fera l'objet d'un prochain article.

Voici un graphique différenciant l’impact de 3 principaux facteurs (production, transport et emballage) sur l’empreinte carbone de certains produits La Fourche. 

Point techniquePour comparer différents gaz entre eux, nous utilisons des facteurs de conversion pour tout ramener à l’impact du CO2. Le méthane - largement rejeté par le bétail pour la production de viande - est un gaz dont l’effet de serre est 25 fois plus important que le CO2. Chaque gramme de méthane généré compte donc pour 25 grammes de CO2. 

II) Le calcul de la note Carbone

Pour comparer les produits entre eux et se faire une idée concrète de l’empreinte carbone d’un produit par rapport à ce que nous avons l’habitude de manger, Etiquettable a créé une échelle allant de A+ à E. 

Au niveau A+ sont placés les produits qui ont l’empreinte carbone la plus faible (les légumes en vrac avec 26gCO2/100g) et au niveau E les produits à l’empreinte carbone la plus élevée (viande rouge qui dépasse en moyenne les 1200 gCO2/100g). 

 

Echelle de la note climat pour évaluer l'empreinte carbone relative des aliments

A titre d’information, le repas moyen d’un Français est estimé à 2040 grammes de CO2e (chiffres ADEME).

Point technique : toutes les émissions de gaz à effet de serre utilisées pour calculer l’amont agricole, la transformation, le transport et le stockage sont issues des bases publiques de l’ADEME, l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, agence publique dédiée à l’étude de ces sujets. En particulier : 

III) Quelles sont les limites de cette note carbone ?

Rien n'est parfait dans le meilleur des mondes. Nous avons fait face aux difficultés suivantes pour fournir cette information à nos adhérents. 

  • Informations partielles sur les ingrédients présents dans le produit fini

Provenance, proportions dans la recette et moyens de transport utilisés pour chacun des ingrédient présents dans le produit fini ne sont pas toujours connus. Nous avons parfois dû inférer les proportions de chaque ingrédient dans le produit fini. Lorsque nous n’avions pas les distances et les moyens de transport, nous nous sommes basés sur les standards pour ce type de produit. 

Par exemple, l’origine de certains ingrédients est “Non UE”. Dans ces cas-là, nous avons considéré que l’ingrédient parcourt en moyenne 1500 km en camion et 8000 km en bateau. 

  • La base de données est limitée

Il existe autant de produits différents que de filières agricoles ou de transformation. Tous les ingrédients n’ont donc pas fait l’objet d’études scientifiques validées par l’ADEME. Nous sommes donc obligés d’utiliser des proxy pour les ingrédients qui n’apparaissent pas dans la base de l’ADEME.

Un panais sera ainsi assimilé à une carotte. 

  • La base de données fournit des moyennes par ingrédient

On ne peut donc différencier deux variétés d’aubergines qui ont été produites toutes les deux en France. Ou la même variété mais l’une produite en bio et l’autre en conventionnel.

Malgré tout, la note carbone reste parfaitement valable. Ces limites existent pour toute évaluation carbone, ce qui entraîne une incertitude de 5 à 20% de l’empreinte carbone calculée. 

S’il faut donc être prudent sur la comparaison de deux produits identiques (même composition), cela reste tout à fait valable pour des produits de nature différente (par exemple entre un produit contenant des protéines animales et un produit à base de végétaux).

IV) Quelques idées reçues sur l’empreinte carbone des aliments

1) Un produit venant de loin génère-t-il plus de carbone ? 

Pas forcément ! Ainsi une tomate française hors saison (qui pousse sous serre chauffée) aura un impact carbone près de 10 fois supérieur à une tomate de saison venant d’Espagne. Pour la viande rouge, l’impact de la production est tellement énorme qu’une viande de boeuf venant d’Amérique du Sud aura un impact carbone seulement 2% supérieur à un boeuf français.

empreinte carbone de différents aliments La Fourche

2) Le verre est-il meilleur que le plastique en terme d’impact carbone ?

Malheureusement non. L’impact carbone du verre est 3 à 5 fois plus élevé que celui du plastique, non seulement parce qu’il demande plus d’énergie à produire (même en prenant en compte le recyclage) mais surtout parce qu’il représente une masse plus importante dans le total du produit fini. 

3) Un critère est-il plus important que les autres ?  

Tout dépend du produit étudié. La production représente généralement la majeure partie de l’impact d’un produit. Qu’une viande vienne du bout du monde et soit emballée dans des kilos de verre, c’est sa production qui génèrera toujours l’immense partie de l’impact du produit fini. Sur les pois chiches secs par exemple la part du transport devient prépondérante. Sur les produits en conserve ou en pot comme la confiture ou les pois chiches cuits, l’emballage et le transport deviennent importants dans le bilan.

V) Conclusion 

Notre but à La Fourche, c’est d’encourager la consommation responsable. Pour cela, nous essayons de vous donner le plus d’informations pour faire des choix pertinents de consommation.  L’alimentation représente presque la moitié du CO2 que nous rejetons dans l’atmosphère, alors si l’on fait attention à cet impact, cela représente un vrai changement !
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